Se découvrir une vocation d'entrepreneur du numérique

Cette interview est la première d’une série assurée auprès des anciens du Mastère CPD-CPM et visant à découvrir leurs parcours, avant la formation, comment ils en sont arrivés là, après la formation, où cela les a-t-il conduit…

Thomas  Bertrand – ancien du Mastère Spécialisé CPD-CPM (Concepteur de projet digital)

Quelle est votre situation actuelle ?

J’ai contribué à créer la société les Apprimeurs, pour laquelle j’assure la conception et le développement d’outils informatiques qui servent aux Apprimeurs à développer leur offre spécifique en matière de livre électronique, mais aussi à mener des missions pour le compte d’autres éditeurs. La société Les Apprimeurs a deux marques blanches ‘Carte à Lire’ et ‘L’apprimerie’.

Par ailleurs, je mène des missions de conception et de développement logiciel, notamment pour le compte d’autres éditeurs. Je mène ces missions en tant qu’auto-entrepeneur.

Par exemple, j’ai développé une application de quiz utilisée par le campus de formation EDF Energy reliée à un système de gestion de contenus (CMS) ou encore une application d’estimation d’étiquette énergétique (DPE) et bientôt je vais avoir l’occasion de travailler sur une application en rapport avec la voiture électrique.

Mon activité est découpée en trois parties : développement pur, opérations de maintenance, développements pour les Apprimeurs.

Actuellement, les Apprimeurs est en phase de développement et donc la quasi-totalité des revenus est ré-investie pour développer la gamme de produits ; pour ce qui me concerne, il s’agit de consacrer beaucoup de temps pour concevoir et développer les outils informatiques de l’entreprise : système de paiement en ligne, automatismes pour la création d’ePubs… Cette part de mon activité est de l’investissement ; le reste de mon activité m’assure les revenus qui me permettent de faire cet investissement sereinement. Cela implique des périodes avec une charge de travail très intense, dépassant régulièrement les 10h par jour.

J’ai aussi assuré des formations à Telecom ParisTech et à l’INA, en lien avec les dernières avancées de HTML5 et les développements mobiles.

Quelle était votre formation avant le mastère CPD-CPM?

J’ai fait directement le Mastère Spécialisé à la suite de mes études en ingénierie informatique.

Et par rapport à votre objectif initial en venant au mastère ?

Cela a tout changé. Mon objectif initial était de sortir avec le diplôme et d’avoir un CDI. Ce que je voulais du Mastère, et d’ailleurs ce que j’ai eu, c’était de compléter mes connaissances dans la partie multimédia, traitement de l’image et du son, ce que je n’avais pas eu en ingénierie informatique. Ce que je voulais, c’était arriver en disant ‘je sais développer, mais aussi, je sais échanger avec un designer et d’autres personnes dans cette activité pluridisciplinaire’, et ainsi évoluer par la suite de façon plus élevée. Et donc, là, je ne suis pas en CDI ; j’ai co-fondé une SAS, j’ai aussi fondé une auto-entreprise. Cela diffère totalement de ce que je voulais faire avant. Mais, j’ai comme projet de me replacer dans les rails. L’auto-entreprise me fait aborder des projets très intéressants et internationaux, mais c’est avant tout nourricier. Cela me permet de rentrer des revenus et d’avoir la possibilité de faire tout l’investissement technique nécessaire à ma société, Les Apprimeurs. Comme mon activité d’auto-entrepreneur ne requiert pas tout mon temps, je peux affecter environ 60 à 70% de mon temps pour Les Apprimeurs. Mon objectif  est de concevoir les outils qui sont au cœur de l’activité de cette société, afin de permettre à l’équipe de pouvoir travailler facilement sans que j’ai besoin d’intervenir. Le site Cartealire.com, un de nos projets les plus importants, est presque terminé. Par la suite nous allons lui ajouter de nouvelles fonctionnalités mais également le faire évoluer en parallèle avec les systèmes sur lequel il est construit, comme Symfony2.

Et au-delà, vos projets ?

J’envisage de partir au Canada par le biais d’un Programme Vacances Travail. Je souhaite découvrir une autre culture, d’autres façons de travailler. Mon travail pour Les Apprimeurs pouvant se faire à distance, cela ne serait pas gênant.

Par la suite, soit je participerai à un gros développement pour Les Apprimeurs, soit je m’orienterai vers un CDI. Pour l’instant, l’activité des Apprimeurs n’en n’est qu’à ses débuts et il est assez difficile de présumer de ce que sera son avenir.

Des choses à ajouter ?

Mes associées au sein des Apprimeurs ne sont pas informaticiennes. Je ressens un peu d’isolement sur les questions techniques. J’aime confronter mes idées à d’autres avis et, dans le contexte où je travaille, je ne peux pas tellement le faire. Je suis autant intéressé par la méthode que par le résultat d’un développement et là, je n’ai la possibilité d’avoir des retours – généralement positifs – que sur le résultat. J’ai tout de même l’occasion d’avoir plus d’échanges techniques lors de prestations notamment l’équipe d’EDF Energy.
Ne pas avoir de parachute, de backup sur les questions techniques m’oblige à me dire que c’est de ma seule responsabilité, que si ça marche, c’est grâce à moi et que s’il y a le moindre problème, c’est à moi seul d’y faire face. Par exemple, j’ai passé beaucoup de temps à mettre en place le paiement en ligne avec Paypal et la carte bleue ; mais maintenant, c’est un acquis pour Les Apprimeurs et une compétence approfondie pour moi puisque j’ai tout abordé seul.

Et l’incubateur du Labo de L’Edition où vous êtes ne permet pas ce type d’échanges ?

Non, je n’y vais généralement que peu de temps et plutôt pour avancer avec mes associées. Il y a beaucoup d’autres sociétés mais nous n’échangeons que peu sur nos projets et nos travaux les uns avec les autres.

Qu’est-ce qui vous a le plus servi du mastère ?

Pour moi, c’est l’ensemble qui m’a servi.  La relation entre la création graphique, le développement, la communication sur un projet avec des non-développeurs, le rôle du chef de projet. En fait, cela nous a donné un socle commun à Karine, Julie et à moi, pour pouvoir démarrer les Apprimeurs. D’avoir abordé les différentes facettes d’un projet nous aide à évaluer les délais, à entrevoir ce qui risque de ne pas marcher, d’envisager de meilleures solutions, d’éviter les blocages, d’imaginer de nouvelles possibilités, notamment pour l’interaction avec les utilisateurs.

Mastère Spécialisé CPD-CPM (Concepteur de projet digital)