AIST
Les étudiants au sein des locaux de l'AIST

Visite du National Institute of Advanced Industrial Science and Technology (AIST)

Pour ce deuxième jour de visite, direction Tsukuba, une ville située à environ une heure de Tokyo. Nous avons l’opportunité de visiter le National Institute of Advanced Industrial Science and Technology (AIST), un équivalent du CNRS français. Au programme, découverte de l’AIST et du JRL, un laboratoire de recherche en robotique conjoint entre le CNRS et l’AIST, échange avec des chercheurs et visite du musée.

“Technology to Society”: un slogan inspirant pour une société d’avant-garde durable

AISTL’AIST a été créé pour mettre au point les technologies du futur qui permettront d’améliorer la société dans laquelle nous vivons. Pour son Président, Ryoji Chubachi, c’est à la fois un immense honneur et une lourde responsabilité à assumer. En effet, depuis 2001, l’AIST dépend du gouvernement japonais et plus précisément du Ministère de l’Économie, des Échanges et de l’Industrie (METI). L’institut a donc une obligation de résultats auprès des industriels, pour ensuite publier ses recherches et avancées à la société japonaise.

À travers l’établissement de partenariats internationaux et la création d’Open Innovation Laboratories” (OILs) au sein d’universités prestigieuses, l’AIST étend ses activités de manière exponentielle et entend bien continuer sur cette lancée pour faire avancer la recherche.

Une mission ambitieuse

La vocation première de l’AIST est de faire avancer la société à travers l’élaboration de nouvelles technologies. Pour se faire, l’institut national intervient dans trois domaines distincts :

  • AIST

    AIST

    La recherche avancée, qui a pour but de repousser les limites de l’inconnu en se concentrant sur des sujets multidisciplinaires. Ils permettront d’innover et ainsi d’améliorer la compétitivité des industries japonaises et d’en créer de nouvelles.

  • La recherche interdisciplinaire, qui permet d’adapter les politiques gouvernementales afin de répondre aux futurs besoins de la société.
  • La recherche “basique”, qui doit améliorer la compétitivité et l’efficacité des technologies actuelles en développant de nouveaux standards.

C’est en concentrant ses efforts dans ces trois domaines, et plus particulièrement au sein de ses sept départements, que l’AIST entend construire cette société durable. Pour y parvenir, l’AIST a recours à des instituts et centres de recherches. Ils se chargeront respectivement :

  • de se focaliser sur la recherche basique / appliquée pour combler l’écart entre la recherche et son application dans l’industrie,
  • de se concentrer sur l’aspect “pratique” et la commercialisation des recherches précédentes afin de répondre aux besoins de l’industrie et de la société.
 Un exemple de projet mené par l’AIST : un robot humanoïde pour les usines d’assemblage AIRBUS

AISTRéalisé en partenariat avec l’avionneur européen AIRBUS, ce robot intègrera à son bord de puissants algorithmes qui lui permettront de se déplacer et de se mouvoir comme un véritable humain. Bien évidemment, il n’a pas vocation à remplacer les salariés qui travaillent actuellement sur les chaînes d’assemblage ! Cependant, ce dernier pourra, par exemple, se rendre aux endroits les plus difficiles d’accès et réaliser les tâches les plus pénibles et répétitives (comme le serrage d’écrous à l’aide d’un outil pneumatique spécialement conçu).

Bien que nous ne sommes qu’aux balbutiements de cette technologie, nous avons pu voir le robot en action et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il se débrouille plutôt bien ! Malgré la lenteur des gestes, ils s’avèrent être précis, réalisés avec minutie et précaution.

Ce robot présente de nombreux avantages et viendra compléter à merveille les outils à bâtis fixes et autres robots disposants de bras manipulateurs déjà présents sur les sites d’assemblage.

AISTCependant, ce projet innovant à forte valeur ajoutée représente un véritable défi pour les ingénieurs et chercheurs du Joint Robotics Lab (JRL – partenariat entre l’AIST et le CNRS). Ce futur robot devra réaliser des mouvements complexes et être capable de se déplacer dans un environnement exigu, sans endommager l’avion dans lequel il se trouvera. De plus, il devra exécuter les tâches qui lui seront assignées avec rapidité et précision (en accord avec les règlementations très strictes en vigueur dans le domaine Aéronautique). Les futurs algorithmes qui seront développés devront, en outre, répondre à ce cahier des charges très contraignant et assurer la stabilité du robot, peu importe la posture de ce dernier dans l’appareil lors des phases d’exécution des tâches.

L’enjeu pour les deux acteurs impliqués est crucial. La réputation de l’AIST, via le JRL, ne doit pas en pâtir et AIRBUS doit voir ce projet aboutir le plus vite possible afin d’augmenter sa cadence de production. Cela permettra au constructeur européen de mieux concurrencer son éternel rival, BOEING, et ainsi de rattraper son retard en termes de capacité de production.

L’arrivée de tels robots dans les usines aéronautiques de demain pourrait être prévue dans les 10 à 15 prochaines années.

Rédacteurs : Guillaume BITAUD, William EMILE et Andréa GARANDEL, étudiants du Mastère Spécialisé® Management de Projets Technologiques, promo 2017

Sources : Plaquette officielle AIST – édition 2017