Ernst & Young
Les étudiants au sein des nouveaux locaux EY à Tokyo - Japon

S’implanter dans la société japonaise : Le cas de EY (Ernst & Young)

Au Japon, le secteur du conseil n’est pas très représenté. En effet, les entreprises ont peu l’habitude d’avoir recours aux cabinets de conseil pour résoudre leurs problématiques. On note pourtant un effectif de 8000 employés à EY Japon versus 6000 en France.  Cet écart de taille est dû à un fort besoin d’audit des opérations comptables et des bilans financiers des firmes japonaises, de ce fait une majorité des employés sont embauchés dans la practice Audit de l’entreprise et non dans la practice Conseil.

Ernst & YoungEn 2004, la firme de conseil japonaise Shin Nihon & co a été rachetée par EY Global. Le résultat de cette acquisition a donné naissance à EY ShinNihon, qui change de nom en 2008 pour devenir EY ShinNihon LLC. Cette dernière opère dans le secteur des services de comptabilité et de l’audit financier. De plus, elle soutient les sociétés étrangères souhaitant entrer sur le marché japonais et les sociétés japonaises souhaitant entrer sur le marché mondial. En revanche, pour faire face au choc des cultures japonaise, américaine et anglaise, EY ShinNihon LLC a su préserver l’organisation et la structure générale de EY Global tout en respectant le mode de travail des employés japonais de la firme.

Les Japonais au travail :  une culture du consensus

Lors de ces échanges, nous avons découvert qu’au Japon, bien que la société soit très hiérarchisée, perdure une culture du consensus remarquable qui bannit l’agressivité du travail. Les Japonais travaillent en équipe et ne sont pas individualistes. Le système de progression en entreprise consiste à faire évoluer son patron pour espérer évoluer. Il n’y a donc pas de concurrence entre les employés puisque chacun connaît sa place et son importance dans la hiérarchie.

Les Japonais sont généralement très loyaux et respectueux envers leurs supérieurs et leurs collègues ce qui permet d’éviter de nombreux conflits. Scott Halliday, Japan Area Managing Partner, les trouve « humbles, discrets et gentils » et félicite leur « ponctualité » et leur « capacité d’organisation hors norme ». Néanmoins, la hiérarchie est si prépondérante que les Japonais ne font pas part de leurs désaccords en public. Enfin, étant donné qu’il leur est impossible de partir avant leur supérieur, ils répartissent l’intégralité de leur travail sur des journées de 15 heures de travail.

Le management à la baguette

Dans ce contexte, comment manager des équipes en tant qu’expatrié ? Scott Halliday souligne qu’il est nécessaire que les employés se sentent valorisés afin d’être capable de les influencer positivement. Ce principe est selon lui valable, peu importe le pays dans lequel on décide de s’expatrier. Pourtant, les nouveaux espaces de travail construits vont à l’encontre de ces dires.

En effet, nous avons eu l’occasion de visiter les nouveaux bureaux d’EY, qui témoignent de la volonté du cabinet de promouvoir les nouvelles organisations du travail aussi appelées “flexible working” composées de différents espaces pour différents enjeux. Ceux-ci ont pour but de valoriser la flexibilité du travail au gré des équipes projet. Le fait que plus aucun poste de travail ne soit attribué est une vraie révolution pour des employés japonais pour qui la hiérarchie est primordiale. Le mot d’ordre est :  le premier arrivé, le premier servi ! Si bien que même les associés ne possèdent pas de bureau privatif.

Envie de vous évader ?

Si cet article vous a donné envie de venir travailler au Japon, notez tout de même que s’il est possible en France de s’orienter vers un emploi en ayant “la tête bien faite”, au Japon, il faut avoir réalisé tout son cursus académique dans son domaine de prédilection pour prétendre y travailler par la suite. A savoir aussi que l’ancienneté prime plus que le niveau d’études. Cela étant, vous pouvez toujours trouver votre bonheur au sein d’une entreprise française présente au Japon.

Biographie des personnes rencontrées :

Scott Halliday

Scott Halliday

Scott Halliday (USA)

Actuellement Japan Area Managing Partner, il nous a parlé en introduction de la culture japonaise et du contexte business global. Connu au sein d’EY comme une personne “who knows how to deal with any problem”, il est en charge de la structuration de la marque EY Japon.

 

Michael Lafarge

Michael Lafarge

Michaël Lafarge (France)

Anciennement associé EY responsable du secteur Oil & Gas en France, avec plus de quinze ans d’expérience au service des entreprises, il est aujourd’hui à la tête du “french desk” EY au Japon. Durant notre rencontre, il est entré plus en profondeur dans les différences culturelles France/Japon.

Rédacteurs : Romane GENDRON, Nadjema KACI et Audrey MARAIS, étudiants du Mastère Spécialisé® Management de Projets Technologiques, promo 2017