Orange
Les étudiants au sein des locaux de Orange - Tokyo - Japon

Entreprendre au Japon avec Orange

Troisième puissance économique mondiale, le Japon fascine par sa capacité à édifier des géants de l’industrie, et par son modèle économique si particulier. Cependant, avec seulement 395 startups fondées en 2017, le Japon se hisse difficilement à la 23ème place du classement, derrière des pays bien moins développés comme le Nigéria ou la Colombie (startupranking.com). En se penchant sur l’écosystème d’entreprises au Japon, on observe que ce dernier n’est pas propice à entrepreneuriat, et que, malgré quelques belles initiatives, le pays ne semble pas prêt à changer ses codes.

Travailler au Japon
Orange

Schéma hiérarchique d’une entreprise japonaise

Tout d’abord, il est essentiel de noter qu’au Japon, évoluer au sein de différentes sociétés au cours de sa carrière n’est pas monnaie courante. Les étudiants sont recrutés lors de leur dernière année d’université et sont, dans la majorité des cas, fidèles à leur employeur toute leur vie. Les grands conglomérats Japonais, tels que Nissan ou Toyota, et les entreprises de taille moyenne mais qui affichent une certaine pérennité recrutent donc la quasi-intégralité des étudiants, qui préfèrent la garantie d’une carrière stable au sein d’une multinationale aux risques inhérents à la fondation d’une start-up. Intégré au monde de l’entreprise, le japonais découvre un système très codifié, où l’évolution des salariés se fait étape par étape, selon un schéma très précis. Il obtient en premier lieu un poste tout en bas de l’échelon, et parcourra les étapes progressivement, selon sa performance mais aussi celle de son équipe. Arrivé à un certain âge (35-40 ans), ce dernier atteindra le grade de Katcho (Manager), il deviendra alors Butcho (General Manager, 45-50 ans) et ainsi de suite. Le nombre de places étant restreint, certains sont envoyés dans les filiales du groupe pour évoluer. Très peu de japonais sont licenciés, car le licenciement est perçu comme un manque d’efficacité du collaborateur. Un salarié licencié aura beaucoup de difficultés à retrouver un poste équivalent à celui qu’il occupait. Si par chance il y arrive, son salaire sera nettement revu à la baisse (de 25%, par exemple). Malgré un écosystème entrepreneurial limité, de grandes entreprises tentent de venir en aide aux plus aventuriers.

Entreprendre avec OrangeFab

OrangeFabEn avril 2013, Orange, un des plus gros opérateurs en Europe et Afrique, lance OrangeFab, un accélérateur de start-ups. Son objectif est de développer des partenariats commerciaux avec des entrepreneurs, principalement dans les domaines des télécommunications et des nouvelles technologies. OrangeFab est présent à l’échelle mondiale à travers 14 programmes et souhaite supporter plus de 500 start-ups d’ici 2020.

A travers ces programmes, Orange souhaite encourager la création de start-ups à travers le monde, en s’inspirant du modèle français. En effet, la France, aussi appelée « start-up nation », compte aujourd’hui environ 10 000 start-ups. Le nombre de création de start-ups ne cesse de croître avec une augmentation de 30% entre 2012 et 2015. En 2017, les start-ups françaises ont levé plus de 2,7 milliards d’euros de fonds, devant les UK et le reste de l’Europe. Ce succès des start-ups est possible en particulier grâce à l’écosystème important gravitant autour de celles-ci. La FrenchTech, les organismes d’état (BPI) et les incubateurs (Station F, Numa, …) participent à cet écosystème, ce qui n’est pas le cas au Japon.

Afin de dynamiser l’entrepreneuriat des pays orientaux, OrangeFab Asia voit le jour en novembre 2013, regroupant ainsi trois pays : le Japon, la Corée et Taiwan. Orange propose un programme de trois mois, entièrement gratuit, aux jeunes start-ups souhaitant se développer à l’international. Des mentors, experts dans leur domaine d’activité, sont à disposition des jeunes entrepreneurs, pour les aider à développer leur projet. Orange leur permet également de prendre contact avec ses différents partenaires, tels que Airbus, EDF, LVMH, Nokia ou Veolia. A l’issu des trois mois, les strat-ups accompagnées participent à un Demo Day durant lequel ils pitchent leur projet devant de grandes entreprises, des investisseurs et des médias.

Depuis fin 2017, 123 start-ups ont participé au programme proposé à travers les trois pays et 100% d’entre elles sont toujours en activité aujourd’hui. Par ailleurs, certaines start-ups ayant participé à OrangeFab Asia ont reçu des récompenses à travers le monde, telle que Locarise, qui propose un service d’intelligence de localisation spatiale, qui a été récompensé du Digi World Award 2015  en France ou encore Neofect, qui a développé un gant et un logiciel en solution de réhabilitation, qui a été récompensé du BeGlobal 2015 à San Francisco..

Entreprendre au Japon s’apparente donc encore aujourd’hui à une prise de risque au sein d’une société très codifiée. Cependant, de nombreux organismes tels qu’OrangeFab et la FrenchTech Tokyo voient le jour pour dynamiser l’économie japonaise, ce qui semble être une réussite !

 Rédacteurs : Alexandre ERRASTI, Marion JARRY et Jefferson MEYRAND, étudiants du Mastère Spécialisé® Management de Projets Technologiques, promo 2017